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« Discutant plus qu’ils n’agissaient, et se neutralisant parce que trop nombreux au chevet d’un si haut patient, ils ne conseillaient que des remèdes bénins qui n’engageaient guère leur responsabilité. »
– Maurice Druon, Les Rois Maudits

Telle est la description romancée des derniers instants du roi Louis X. Le lecteur est en droit de se demander : « Quel lien y a-t-il avec la finance en 2016? Et quel lien le présent article a-t-il avec les quatre autres que j’ai publié dans le Dialogue depuis l’automne 2012? »

Un bref retour en arrière permettra de bien se situer dans l’évolution des marchés depuis cette époque et de mettre en lumière les enjeux des années à venir, tout en vous proposant la solution offerte par notre firme, qui est à la portée de tous nos clients.

Retour en arrière

2016-04-25_Graphique_DFarley_1_FRVoltaire et la finance moderne, publié à l’automne 2012, portait sur l’étroite similarité entre les remèdes déployés par nos banques centrales et la médecine du siècle des lumières. L’article décrivait les différentes formes de QE (assouplissements quantitatifs) utilisées pour créer de l’inflation et stimuler l’économie en réduisant le coût d’emprunt et en dévaluant les devises. Quatre ans plus tard, les signes d’inflation sont plutôt timides et l’effet du QE en Europe ne semble pas remplir ce mandat.

2016-04-25_Graphique_DFarley_2_FRVoltaire et la couleur refuge, publié à l’hiver 2013, portait sur la place de l’or dans votre portefeuille, et la relation entre la valeur du métal jaune et du dollar américain lors des crises financières. L’article démontrait que l’or est intimement lié à la valeur du billet vert. Or, de septembre 2012 à décembre 2015, l’or est passé de 1 775 $US à 1 060 $US (sommet de 1 883 $US en 2011), alors que le DXY (indice de mesure du USD par rapport à six devises) est passé de 0,80 à 0,98 durant la même période, soit une baisse de l’or de 40 % par rapport à une hausse de 25 % du DXY.
2016-04-25_Graphique_DFarley_3_FRBulle, envole-toi, publié à l’hiver 2014, mettait les lecteurs en garde contre la fameuse cryptomonnaie (bitcoin). L’article mettait en perspective la bulle des tulipes de 1637 et suggérait que cette monnaie chiffrée pourrait subir le même sort. Le graphique illustre bien la courbe parallèle de ces deux situations.
De banques à saltimbanques, publié à l’automne 2014, illustrait la similarité entre les activités bancaires de certaines institutions et celles qui ont été à la source des grandes crises financières depuis 1792.

 

 

Louis le Hutin ne se porte pas bien…

Que nous réservent les prochaines années? Une secousse de volatilité a ébranlé les marchés en début 2016, tant au niveau des actions que dans le marché des obligations et des devises. Bloomberg.com publiait le 9 mars dernier que la volatilité du S&P 500 était la plus élevée depuis les 78 dernières années, avec des mouvements de 1 % sur 56 % des jours ouvrables depuis janvier, rendant ces premiers mois les plus volatils depuis la Grande Dépression de 1938. Les banques centrales ont tenté d’offrir un remède au marché des actions par le biais des QE, mais les signes d’inflation sont timides voire inexistants. La poursuite de ces programmes n’aiderait probablement pas la cause des marchés. Les taux d’intérêt sont très bas et les baisser davantage n’augmenterait pas les perspectives d’inflation.

Aux États-Unis, le QE a considérablement fait baisser la valeur de la devise entre 2008 et 2012. Alors que la Fed a commencé à ralentir l’achat d’obligations à la fin 2012, le dollar américain amorçait sa remontée et l’or a chuté de 40 %. La vapeur pourrait-elle se renverser maintenant que le dollar est en vogue?

Du côté des obligations, la seule portion du marché qui a connu une forte volatilité et une dévaluation est celle des obligations à hauts rendements. Le reste du marché est encore stable et offre une protection contre la volatilité du marché des actions.

L’ombre jetée sur les banques n’était pas injustifiée : les titres bancaires ont tous subi les contrecoups de l’instabilité ambiante, accusant des baisses de 19 % aux États-Unis, de 24 % en Europe (31 % en Italie), et de 36 % au Japon. Bien que notre système soit solide, les banques canadiennes n’ont pas été épargnées, mais les pertes ont été moins lourdes. Plusieurs raisons pourraient être évoquées, mais la plus probante serait sans doute le ralentissement mondial de la croissance économique, une explication appuyée par les données du Baltic Dry Index.

Variations des coûts de transport maritime des matières premières (Indice Baltic Dry*)

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*Un indice de transport et de commerce créé par le Baltic Exchange de Londres, qui quantifie les changements dans le coût du transport maritime de matières premières telles que les métaux, le grain et les combustibles fossiles.

Autre fait intéressant, la perte de popularité des QE a entraîné l’apparition d’autres méthodes non conventionnelles. Les taux d’intérêt négatifs appliqués par les banques centrales – Suisse, Danemark, Suède et Japon – en sont un exemple : remède viable ou bénin, à l’image de ceux offert au Hutin et aux compatriotes de Voltaire…

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Kon’nichiwa, Nihon

Bonjour, Japon. Le Fonds monétaire international (FMI) revoit régulièrement les perspectives de croissance mondiale à la baisse et certains, comme Larry Summers, ancien secrétaire à la Trésorerie américaine, anticipent une période de faible croissance, de faible inflation et de faibles taux d’intérêt pour plusieurs années1. Une perspective à l’image du Japon depuis le sommet du Nikkei en décembre 1989, dont la dévaluation de 75 % du yen a entraîné le pays en déflation pendant plus de deux décennies.

Malgré une déflation qui s’éternise, une devise fortement dévaluée, des taux d’intérêt négatifs, un ratio de dette astronomique de 250 % par rapport au PIB et une croissance de ce PIB de moins de 1 % depuis 10 ans, le Japon n’en demeure pas moins un des meilleurs au monde, quand on prend en considération la qualité de vie collective et individuelle, qui se distingue par un taux de criminalité très faible, une espérance de vie très longue, un système d’éducation hors pair et un excellent système de santé.

Mondialement, les institutions économiques et les politiques globales se concentrent sur l’accroissement du PIB et des revenus des ménages. Le PIB, cette invention de mesure de l’économie issue de la Grande Dépression, est-elle vraiment si importante? Sans doute, si on se concentre uniquement sur la bourse, qui varie en fonction des perspectives de croissance et d’inflation. Regardons plutôt le problème sous l’angle du coût de la vie, une des mesures importantes utilisées par nos fiscalistes dans une planification financière.

Il semble y avoir une corrélation entre la croissance des revenus et la qualité de vie, mais la hausse de l’inflation a également un impact. La crainte de la déflation est justifiée par la perte d’une qualité de vie, mais est-ce réaliste? Des changements économiques importants semblent être en cours actuellement, qui pourraient modifier les perspectives d’inflation et dont le résultat pourrait être avantageux.

Ces changements obligent les compagnies à repenser leur modèle d’affaire. Cet exemple de déflation est en fait associé à une amélioration de la qualité de vie.

1 Journal of Foreign Affairs, March-April 2016

EXEMPLES DE CHANGEMENTS TECHNOLOGIQUES

  • La dévaluation du pétrole, attribuée en partie aux gaz de schiste, a amené une baisse d’environ 35 % du prix à la pompe;
  • L’arrivée du cellulaire a éliminé les factures d’appels interurbains (FaceTime, WhatsApp);
  • Les taxis se font remplacer par Uber;
  • Les coûts de formation universitaire ont été considérablement réduits par l’arrivée des cours en ligne;
  • Même La Presse publie une édition gratuite en ligne.

Des solutions

Il est légitime de se préoccuper de l’état des portefeuilles, mais nous devons laisser les banques centrales et les corps politiques contempler le patient et tenter de le ranimer, peu importe que les remèdes soient bénins ou efficaces. Quelles que soient les interventions, les importants changements en cours feront bouger les marchés. L’important reste toujours de protéger vos actifs et de vous assurer que votre qualité de vie soit maintenue.

Contrairement à plusieurs sociétés de gestion de patrimoine, nous comptons sur une équipe de spécialistes en planification financière, en fiscalité et en notariat qui est accessible à tous nos clients. Travaillant en collaboration avec eux, votre conseiller en gestion de patrimoine peut vous aider en élaborant un plan structuré, en fonction de votre situation personnelle. Notre responsabilité est de vous accompagner et de vous guider dans l’évolution des besoins reliés à votre vie professionnelle et personnelle. Votre responsabilité réside dans la compréhension de la nécessité de faire ce travail de planification.

Laissons les politiciens et banquiers se préoccuper du PIB, de la croissance et des remèdes à la Louis X. Laissez-nous la responsabilité de nous préoccuper de la préservation de votre qualité de vie.

Pour effectuer une analyse de votre situation,
adressez-vous en toute confiance à l’un de nos conseillers.