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Yann Furic
B.B.A., M. Sc., CFAMD

Gestionnaire principal, répartition d’actifs et stratégies alternatives

Ce qui a fait bouger les marchés en décembre

L’inflation, les actions des banques centrales et l’invasion de l’Ukraine par la Russie ont été les principaux éléments qui ont influencé les marchés en 2022.

Au début de l’année, l’inflation était bien présente. Les banques centrales ont alors entamé un cycle haussier des taux afin de ralentir la croissance, au moment même où la Chine s’apprêtait à rouvrir son économie au monde.

Bref survol des facteurs de marchés en 2022

En février, le début du conflit russo-ukrainien est venu brouiller les cartes. La crainte d’une interruption de l’approvisionnement en gaz russe en Europe et l’augmentation du prix des céréales en raison d’un blocus des ports ukrainiens ont alors renforcé la spirale inflationniste.

La politique zéro COVID de la Chine s’est poursuivie presque toute l’année, ce qui a d’une certaine façon permis de réduire les pressions sur la demande de pétrole.

Dans ces conditions, de nombreuses banques centrales, incluant la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine (Fed) ont augmenté leurs taux directeurs plus rapidement et à des niveaux plus élevés qu’anticipé. Celles-ci cherchaient ainsi à freiner la consommation des ménages et à réduire dans la foulée la demande de biens et services et la pression sur les prix.

La pénurie de main-d’œuvre, qui existait avant la pandémie, ne s’est pas résorbée, ce qui a contribué à augmenter la pression sur les salaires et à accroître l’inflation davantage. Un ralentissement économique devrait entraîner des pertes d’emplois et une baisse des pressions salariales.

Puisque les banques centrales veulent ralentir la consommation, les nouvelles économiques meilleures que prévu sont alors perçues négativement par les marchés, puisque les taux d’intérêt devraient ainsi augmenter encore plus ou rester à des niveaux élevés plus longtemps.

Ce qui a fait bouger les marchés en décembre

Les banques centrales ont de nouveau eu un impact important sur les rendements des actions et des obligations en décembre, la majorité des indices boursiers et obligataires globaux s’étant d’ailleurs repliés. Les craintes d’une récession importante qui nuirait aux profits des entreprises sont de plus en plus présentes pour 2023.

En Chine, un allègement de la politique zéro COVID plus rapide que prévu a permis à l’indice MSCI Chine de croître de près de 5 % durant le mois.

Les marchés resteront volatils tant que l’inflation, et par conséquent le niveau des taux d’intérêt requis pour la réduire, ne seront pas stabilisés.

SURVOL DES BOURSES MONDIALES

Pays

Indice

Rendement
(du 1er au 31 décembre 2022)

Évolution

Rendement cumulatif
(depuis le 1er janvier 2022)

Canada

S&P/TSX

-4,90 %

-5,84 %

États-Unis

S&P 500

-5,81 %

-12,16 %

Nasdaq

-9,06 %

-27,47 %

Bourses internationales

EAFE

+0,02 %

-8,23 %

Pays émergents

-1,46 %

-14,28 %

Chine

MSCI Chine

+5,14 %

-16,26 %

*Tous les chiffres sont en devise canadienne.
Source : Morningstar Direct.

Événements marquants

Le point sur les hausses de taux directeurs

La Banque du Canada devrait augmenter ses taux dans une fourchette de 0 à 0,25 % le 25 janvier prochain. Les marchés anticipent une fin des hausses durant le second trimestre de 2023 alors qu’à ce moment, ils devraient se situer autour de 4,50 % à 4,75 %.

De con côté, la Fed a augmenté ses taux comme prévu au début de décembre. Les marchés anticipent d’autres hausses jusqu’en mai prochain et estiment que les taux devraient se stabiliser autour de 5 %, alors qu’ils pointent présentement à 4,5 %. La prochaine augmentation est escomptée pour le 1er février 2023 et elle devrait se chiffrer à 0,25 % ou 0,50 %.

Une fois les hausses de taux terminées, ces derniers pourraient rester aux mêmes niveaux pendant un bon moment. Les effets de ces resserrements monétaires sur l’économie ne sont pas instantanés et ils peuvent s’étirer dans le temps. Les banques centrales attendront de voir des baisses soutenues de l’inflation sur plusieurs mois avant de commencer à réduire leurs taux.

Les marchés resteront volatils tant que l’inflation, et par conséquent le niveau des taux d’intérêt requis pour l’atténuer, ne seront pas stabilisés.

Relâchement des mesures sanitaires en Chine

À la suite des importantes manifestations qui ont eu lieu en Chine contre la gestion très contraignante de la COVID-19, le gouvernement a levé plusieurs des mesures draconiennes qui avaient été mises en place. Grâce à ces assouplissements, l’économie chinoise devrait contribuer positivement à la croissance mondiale en 2023.

Situation de l’emploi

Aux États-Unis, la création d’emplois a été plus élevée qu’anticipé en décembre, alors que 223 000 nouveaux postes ont été comblés par rapport aux 205 000 attendus. Le taux de participation de la population active est passé de 62,2 % à 62,3 %, un élément positif puisque plus de gens travaillent ou cherchent activement un emploi. Le taux de chômage a baissé à 3,5 % et le salaire horaire a crû de 4,6 % depuis l’année dernière, soit une hausse plus faible que prévu qui représente un élément positif pour les banques centrales.

Au Canada, la création d’emplois a été beaucoup plus forte que les attentes avec l’ajout de 104 000 travailleurs, au lieu des 5 000 qui étaient anticipés pour la période. Le taux de participation de la population active a augmenté de 64,8 % à 65,0 %, ce qui est un signal positif indiquant que plus de gens travaillent ou cherchent activement un emploi. Le taux de chômage a diminué à 5,0 % alors que le salaire horaire augmentait de 5,2 % depuis l’année dernière, soit une légère baisse par rapport à novembre. Le marché de l’emploi reste donc en excellente santé au pays.

Le phénomène de pénurie de main-d’œuvre continue de se faire sentir autant au Canada qu’aux États-Unis. L’immigration devrait permettre de réduire ce phénomène, mais il faudra compter un certain temps.

Résultats – obligations canadiennes

L’indice des obligations universelles FTSE Canada, regroupant les obligations, a affiché un rendement négatif de 11,69 % depuis le début de l’année.
(Source : Morningstar Direct)

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Notre veille stratégique

Nos gestionnaires internes et externes ont pris plusieurs mesures en 2022 afin de réduire les risques dans les portefeuilles.

Nous maintenons une pondération élevée de titres boursiers canadiens qui réagissent positivement dans un environnement inflationniste où la demande pour l’énergie est importante. La réouverture récente de la Chine s’avère positive pour les titres des secteurs des matières premières et de l’énergie, qui sont fortement représentés dans les Bourses canadiennes.

Sur le plan tactique, nous avons augmenté le poids des titres qui ont un historique de croissance des dividendes, ceux-ci étant habituellement plus stables. La représentation des titres technologiques a par ailleurs été réduite et la proportion de titres de plus faible volatilité est restée semblable.

Nos gestionnaires investissent dans des titres de qualité, moins volatils. Ils cherchent aussi à privilégier les entreprises qui sont capables de transmettre les hausses de coûts pour limiter l’effet de l’inflation sur leurs marges de profit.

Du côté des titres à revenu fixe, certaines stratégies adoptées contribuent à contrôler l’effet négatif des hausses de taux sur les portefeuilles.

Principaux risques

  • La mise en place par les banques centrales de politiques monétaires trop restrictives pourrait causer une récession importante.
  • L’Europe se retrouverait possiblement en récession si l’hiver se révélait rigoureux et des conditions climatiques extrêmes prévalaient.
  • La possibilité est toujours bien réelle qu’un épisode de stagflation survienne, soit une période de croissance économique anémique et d’inflation élevée, ce qui aurait un impact négatif sur les marchés boursiers.
  • Le conflit entre la Russie et l’Ukraine pourrait se propager à d’autres pays européens.

Indicateurs fondamentaux

Voici certains indicateurs économiques que nous continuons de suivre de près dans le contexte actuel.

Taux directeurs au Canada, en Europe et aux États-Unis

  • Les hausses de taux se poursuivent puisque les banques centrales privilégient encore des mesures agressives afin de réduire les pressions inflationnistes.
  • Les marchés anticipent la fin des augmentations de taux au cours du deuxième trimestre de 2023.
  • Selon l’évolution des données économiques, les majorations de taux pourraient être plus importantes qu’anticipé, et les taux devraient rester à des niveaux élevés plus longtemps que prévu.

Indice global des directeurs d’achats 

  • Depuis quelques mois, les indications des acheteurs de la plupart des pays laissent voir une tendance à la contraction, soit sous la barre des 50.

Taux d’inflation 

  • L’inflation est toujours largement supérieure à la cible des banques centrales, ce qui oblige ces dernières à continuer d’accroître leurs taux.
  • Une tendance à la baisse semble toutefois amorcée et devrait se poursuivre.

Yann Furic, B.B.A., M. Sc., CFA
Gestionnaire principal, répartition d’actifs et stratégies alternatives

Source des données : Bloomberg

Les informations contenues aux présentes proviennent de sources que nous jugeons fiables; toutefois, nous n’offrons aucune garantie à l’égard de ces informations et elles pourraient s’avérer incomplètes. Les opinions exprimées sont basées sur notre analyse et interprétation de ces renseignements et ne devraient en aucun cas être considérés comme une recommandation. Pour toutes questions, n’hésitez pas à communiquer avec votre conseiller en gestion de patrimoine ou votre spécialiste en matière fiscale, comptable ou juridique.

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