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Yann Furic
B.B.A., M. Sc., CFA

Gestionnaire principal, répartition d’actifs et stratégies alternatives

Le confinement se prolonge…

En attente de l’aplanissement mondial de la courbe de propagation de la COVID-19, l’économie globale est toujours en pause.

Cet arrêt presque complet a donné lieu à des mesures fiscales et monétaires d’une rapidité et d’une ampleur inédites. Parallèlement, les demandes d’assurance chômage au Canada et aux États-Unis atteignent des sommets.

Des gagnants et des perdants

Certains secteurs d’activités s’en tirent mieux que d’autres : les titres d’entreprises reliées au confinement ou au télétravail ont accusé des baisses moins prononcées que celles du marché, quelques-uns étant même à la hausse. Ceci explique pourquoi un indice technologique comme le Nasdaq s’est mieux comporté que le S&P 500.

Les entreprises des secteurs des loisirs, de la restauration, des voyages et des croisières sont toutes fortement à la baisse et devraient subir les effets négatifs de la fermeture des frontières et de la distanciation sociale. C’est le cas de nombreux restaurants, qui ne pourront couvrir leurs frais si leurs installations doivent respecter les normes de distanciation. La même logique affectera les bars et les stades.

Encore une fois, les entreprises de qualité n’ayant pas de problèmes d’endettement devraient mieux s’en tirer.

Du côté des indices boursiers

Ils ont repris près de la moitié de leurs pertes, tout comme les écarts de crédit dans les marchés obligataires qui, après s’être fortement élargis (baisse des prix), ont maintenant commencé à se rétrécir (hausse des prix). C’est que les marchés boursiers se tournent vers l’avenir et que les investisseurs s’attendent à une reprise économique plus tard cette année et en 2021, grâce aux programmes fiscaux et monétaires.

Il est à noter que les marchés boursiers ne représentent pas toujours l’économie d’un pays. À titre d’exemple, les secteurs de l’énergie, des matières premières, des produits industriels et des fiducies de revenus immobilières ne représentent que 16 % du S&P 500 alors que ceux de la technologie, des produits de consommation de base, des télécommunications et de la santé composent 59 % de ce même indice.

Encore le pétrole

La guerre de prix entre la Russie et l’Arabie saoudite, mais aussi la baisse prononcée de la demande due aux mesures de confinement, continue d’exercer une pression à la baisse sur le prix du pétrole qui, le 20 avril, a atteint un prix négatif par baril, du jamais vu. La chute actuelle de 35 millions de barils/jour de la demande mondiale équivaut à environ 35 % de la demande quotidienne prépandémie. À court d’argent, les compagnies pétrolières renvoient leur personnel.

À quand la reprise?

Du côté de certains pays européens comme l’Allemagne et le Danemark, il est question d’ouvrir bientôt les écoles et certains commerces. Au Québec, la construction résidentielle reprend partiellement.

Pour réduire le risque d’une deuxième vague, un consensus se fait autour d’un déconfinement graduel. En attendant l’arrivée sur le marché d’un vaccin – qui devrait prendre de 12 à 18 mois selon les estimés, l’accroissement de la capacité de tester la population reste une condition nécessaire à la réduction des mesures de protection et de distanciation sociale mises de l’avant par les gouvernements.

Stéphane Girard
MBA, CIMMD,Pl. Fin.

Gestionnaire de produits, Pratique professionnelle

Mais quel type de reprise?


En effet, il y a reprise et… reprise!

On en dénombre quatre types différents, selon les économistes.

Regardons-y de plus près.

  • La reprise économique en forme de V, soit une reprise rapide à la suite d’un déclin rapide;
  • La reprise plus lente en forme de U;
  • La reprise encore plus faible en forme de L;
  • La reprise en forme de W, qui accuse non pas une, mais deux baisses.

À quoi se réfèrent ces lettres? À la forme que prendra le graphique démontrant les niveaux atteints par les indices boursiers. À l’heure actuelle, les économistes semblent d’avis que la reprise à venir sera plutôt en forme de U ou de L.

V comme vite

Au début de la crise, différents spécialistes tablaient sur une reprise en V, caractérisée par une remontée rapide, suivant immédiatement une baisse aussi précipitée. En termes économiques, ce type de reprise pourrait signifier un retour au niveau d’avant la crise d’ici la fin de 2020.

La crise financière de 2008 est le parfait exemple de ce type de reprise.

  • Dans les marchés boursiers, nous avions alors assisté à un recul rapide des différents indices comme le S&P/TSX, qui s’est parachevé le 9 mars 2009.
  • Le marché a ensuite amorcé une remontée vive et soutenue, qui s’est conclue en février dernier. Ce cycle haussier est d’ailleurs le plus long de l’histoire, jusqu’à maintenant.
Une pause en U

Le second type est une reprise en U. Le recul boursier survenu à la suite du déclenchement de la Guerre du golf persique en 1990 a donné lieu à un bel exemple d’une reprise de ce type, bien que le marché boursier canadien n’ait pas été officiellement catégorisé comme baissier (bear market). Un marché baissier se caractérise en effet par un recul d’au moins 20 % alors que celui du marché boursier canadien n’a été que de 16,5 %.

  • La reprise en U se définit par un intervalle lorsque le marché atteint son plancher;
  • Cette étape est suivie d’une remontée plus graduelle, donc d’un délai un peu plus long avant de revenir au niveau de l’avant-crise.

En termes d’économie, une telle reprise signifierait un retour au niveau précédent au cours de 2021.

Double courbe comme le W

Et puis, il y a la reprise en forme de W. Ici, il n’y a pas un, mais bien deux planchers qui sont atteints avant une reprise durable. La crise des technologies du début des années 2000 a pris cette forme.

  • Un premier creux avait été atteint en septembre 2001, avant un rebond de plus de 23 % des marchés boursiers jusqu’en mars 2002.
  • Le marché a ensuite amorcé une seconde phase de recul jusqu’au 9 octobre 2002, le véritable plancher de la crise.

Ce type de reprise reporterait le retour à la normale de plusieurs mois. C’est précisément pour cette raison que la réouverture de l’économie doit se faire graduellement, afin d’éviter une seconde vague de contagion trop importante.

L comme long

Finalement il y a la forme en L.

  • Dans ce type de reprise, le retour au niveau de départ est très long à s’orchestrer et peut s’étaler sur plusieurs années.

Reprise, dis-moi qui tu es?

Plusieurs éléments viennent influencer la forme que prendra la reprise :

  • la nature et la sévérité de l’élément déclencheur de la crise;
  • la force et la durée du recul boursier;
  • la réponse des gouvernements et des banques centrales à la situation.

La majorité des pays dans le monde ont mis en place des mesures exceptionnelles de confinement, abaissé les taux d’intérêt et injecté des sommes massives afin de soutenir les entreprises et les particuliers. Tout est donc en place pour favoriser le retour à la normale.

La semaine dernière, la firme américaine J.P. Morgan publiait ses projections :

  • en V 30 %
  • en U55 %
  • en L ➔ seulement 15 %

Seul le temps nous donnera la réponse. Par contre, l’équipe de placements de la Financière suit la situation de très près et ajuste constamment ses stratégies afin de profiter au maximum de la situation qui se dessine à l’horizon.

Si vous avez des questions concernant votre portefeuille de placements, n’hésitez pas à communiquer avec votre conseiller. Nous mettons tout en œuvre pour protéger vos actifs durant cette période difficile. Vous pouvez compter sur nous.

Yann Furic, B.B.A., M. Sc., CFA
Gestionnaire principal, répartition d’actifs et stratégies alternatives

Stéphane Girard,  MBA, CIMMD,Pl. Fin.
Gestionnaire de produits

 

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