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Yann Furic
B.B.A., M. Sc., CFA

Gestionnaire principal, répartition d’actifs et stratégies alternatives

Ça va aller...

En ce début d’avril, les semaines se suivent, mais ne se ressemblent pas. Les marchés boursiers ont connu une forte remontée dernièrement, mais la volatilité reste élevée et les mouvements de marchés, imprévisibles.

La durée de l’épidémie demeure le facteur primordial. L’isolement maximal demandé par les gouvernements vise à réduire la progression de la pandémie le plus rapidement possible, mais il entraîne un ralentissement prononcé dans presque tous les secteurs économiques.

Effets positifs des mesures gouvernementales et monétaires

L’injection massive de liquidités dans le système par les gouvernements commence à avoir des répercussions positives. En effet, le fonctionnement de certains marchés obligataires s’est amélioré et plusieurs grandes entreprises sont venues se financer dans ce marché dernièrement.

Après la troisième réduction de son taux directeur, maintenant à 0,25 %, la Banque du Canada a amorcé un programme d’assouplissement quantitatif dans le but de débloquer certains marchés monétaires et obligataires, comme aux États-Unis.

Le déploiement de politiques fiscales par le Canada et plusieurs autres pays est en cours. Le but premier reste toujours de stabiliser le revenu des particuliers pour éviter d’accentuer le ralentissement économique et d’aider les entreprises à traverser la crise.

Le cas des dividendes

Même si les mesures d’aide vont dans le bon sens, certains pays comme l’Allemagne demandent aux compagnies qui en bénéficient de suspendre le paiement de dividendes durant la période de remboursement des prêts.

Cette directive n’est pas encore mise de l’avant au Canada, mais certains secteurs d’activités pourraient suivre le mouvement, comme celui de l’énergie, où quelques compagnies ont déjà réduit ou annulé ce paiement. Du côté des grandes banques canadiennes, cependant, le président de BMO ne s’attend pas à une telle coupure.

On s’attend à une baisse du revenu des dividendes au cours des prochains mois, mais la détention de titres moins cycliques et de qualité devrait aider à amortir le choc.

Le cours incertain du pétrole

Le prix du baril de pétrole WTI a atteint son plancher des dernières 18 années et oscille autour de 20 US$, ce qui a un impact négatif sur tous les producteurs et frappe le Canada de plein fouet. Le secteur pétrolier est aux prises avec deux crises simultanées.

L’Arabie saoudite et la Russie sont toujours engagées dans une guerre des prix. La Russie veut forcer une réduction de la production américaine en faisant baisser le prix du baril en deçà de ses coûts de production. Pour en arriver à une entente équitable concernant une réduction générale et un relèvement des prix, l’Arabie veut ramener tous les pays de l’OPEP ainsi que la Russie à la table de négociation. Une telle rencontre, impliquant également plusieurs autres pays producteurs, devrait avoir lieu ce jeudi 9 avril.

D’ailleurs, les présidents Trump et Poutine ont eu la semaine dernière un entretien téléphonique sur la situation et se sont entendus sur le fait qu’elle est mauvaise pour tous.

Un marché pétrolier en chute libre

Ce qui complique les choses, c’est que la situation actuelle de restrictions et d’isolement des populations a entraîné une chute importante des besoins en pétrole. La forte diminution des voyages en avion, ajoutée à la faible consommation d’essence des véhicules des particuliers, se traduit par une réduction de 10 % à 25 % de la demande mondiale.

Les producteurs canadiens sont sérieusement touchés : certains d’entre eux ont commencé à réduire leurs dépenses et à couper leurs dividendes. Cette double crise pourrait perdurer au-delà de la pandémie, la réticence envers les voyages et les habitudes de télétravail s’ajoutant au ralentissement économique pour retarder une reprise.

Le point sur nos stratégies

Nous restons sous-pondérés en actions et continuons de privilégier les titres de grandes compagnies, peu endettées et moins cycliques. À cause de la volatilité persistante des marchés, nous misons sur une gestion plus prudente qui, à long terme, devrait nous permettre de profiter des nouvelles opportunités.

Stéphane Girard
MBA, CIMMD,Pl. Fin.

Gestionnaire de produits, Pratique professionnelle

Gérer en période de crise

Pour vous aider à mieux comprendre la complexité de la gestion de portefeuille dans une période comme celle que nous traversons, nous vous proposons une incursion au cœur des stratégies déployées par certains de nos gestionnaires de portefeuille depuis le début de cette phase de baisse des marchés.

Nous ne le répèterons jamais assez, la meilleure stratégie sera toujours d’avoir un portefeuille bien positionné pour faire face à toutes les situations. De plus, les derniers marchés baissiers que nous avons vécus sont de plus en plus rapides.  

Les gestionnaires ne peuvent plus seulement avoir un plan déjà préparé en place et réagir : ils doivent anticiper et adapter leurs actions à la situation. 
Agilité et réactivité

En période de crise, un plan de gestion de la chute doit être mis en place rapidement.

Prenons l’exemple de notre Portefeuille FDP Actions globales dont la gestion est assurée par le gestionnaire externe MFS Gestion de placements Canada ltée. Ce gestionnaire a mis en oeuvre une stratégie en trois phases.

Phase 1
  • La première phase a été déployée à la fin février et au début mars. MFS a alors procédé à plusieurs transactions qui avaient pour but d’augmenter l’exposition aux secteurs plus défensifs, comme la consommation courante. C’est ainsi que des titres comme l’Oréal ont été remplacés par ceux de Colgate-Palmolive. Le but recherché était de sécuriser davantage le portefeuille.
Phase 2
  • Vers la mi-mars, MFS a ensuite entrepris de tirer profit des dislocations dans le marché. Plusieurs titres avaient alors une valorisation très intéressante. MFS a donc procédé à la sélection de titres bien positionnés dans leur secteur et qui survivront à la crise, comme Adidas et Starbucks, qui ont été ajoutés ou dont la pondération dans le fonds a été augmentée.

Ce gestionnaire ne base pas ses décisions d’investissement sur les revenus de 2020, qui ne seront pas un bon indicateur pour évaluer une entreprise, mais bien sur les revenus escomptés en 2021. Cette phase visait à profiter des nombreuses aubaines disponibles sur les marchés.

Phase 3
  • La troisième et plus récente étape a été de se départir des titres qui avaient maintenant un potentiel de revenus moins intéressant. D’autres titres comme Visa et Microsoft ont été soigneusement conservés puisqu’ils tirent avantage des restrictions actuelles de confinement et qu’après la crise sanitaire, ils seront toujours des leaders.

La stratégie de MFS a permis de soutenir la valeur du portefeuille d’actions globales, tout en le positionnant de façon optimale pour l’après-crise. Il faut aussi noter que tous ces mouvements ont entrainé une hausse du taux de rotation des titres en portefeuille, qui est passé d’environ 25 % à 70 % sur une base annualisée.

Nous ne récolterons pas les fruits de ce positionnement la semaine prochaine. Par contre, nos investisseurs qui détiennent ce fonds dans leur portefeuille peuvent être à la fois rassurés et confiants pour les prochaines années.

Une gestion opportuniste et efficace

Ceci n’est qu’un exemple parmi tous nos gestionnaires. Nous pouvons cependant dégager quelques points communs dans leur gestion de portefeuille.

  • Ils suivent tous un processus rigoureux et ordonné.
  • Ils réagissent rapidement avec des actions ciblées pour limiter la baisse du portefeuille.
  • Ils identifient les opportunités créées par la turbulence des marchés et se positionnement pour l’avenir.

Avec des gestionnaires de ce calibre, sélectionnés pour leur expertise et leur expérience, même si les nouvelles ne sont pas toujours très bonnes, nous gardons toujours une longueur d’avance.

Si vous avez des questions concernant votre portefeuille de placements, n’hésitez pas à communiquer avec votre conseiller. Nous mettons tout en œuvre pour protéger vos actifs durant cette période difficile. Vous pouvez compter sur nous.

Yann Furic, B.B.A., M. Sc., CFA
Gestionnaire principal, répartition d’actifs et stratégies alternatives

Stéphane Girard,  MBA, CIMMD,Pl. Fin.
Gestionnaire de produits

 

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adressez-vous en toute confiance à l’un de nos conseillers.