Yann Furic
B.B.A., M. Sc., CFAMD
Gestionnaire principal, répartition d’actifs et stratégies alternatives
Le mercredi 10 décembre, la Banque du Canada (BdC) a pris la décision de laisser le taux directeur inchangé à 2,25 %. Cette décision était anticipée par le marché, surtout depuis la publication des dernières données concernant le marché du travail le vendredi 5 décembre dernier, qui démontraient une création, et non une perte d’emplois. Les marchés n’anticipent plus de coupures du taux directeur au Canada et l’on entrevoit même une hausse en octobre 2026.
Dernière décision de la Banque du Canada et de la Fed pour l’année 2025
Du côté américain, la Réserve fédérale américaine (Fed) a réduit ses taux directeurs de 0,25 % tel qu’attendu, et les marchés anticipent deux autres coupures en 2026.
Les banques centrales de l’Europe, du Japon ainsi que du Canada sont en pause ou encore en réflexion concernant la possibilité de hausses de taux, particulièrement au Japon. Ces divergences de politiques monétaires devraient avoir pour résultat d’affaiblir le dollar américain, surtout si elles s’accentuent.
D’ailleurs, la faiblesse du dollar américain face à l’euro principalement, est l’une des surprises de l’année 2025. Les pressions exercées sur la Fed par l’administration fédérale américaine pour qu’elle baisse ses taux, ainsi que l’imposition de tarifs, font en sorte que l’inflation reste au-delà des attentes, ce qui réduit la valeur de la monnaie du pays et le pouvoir d’achat des consommateurs, fait monter le prix de l’or et aura éventuellement pour conséquence de rendre les exportations américaines moins dispendieuses à l’étranger.
L’emploi poursuit son rebond au Canada
La création de 53 600 emplois en novembre a largement dépassé les attentes, alors qu’une perte de 2500 travailleurs était plutôt anticipée. La tendance positive du mois dernier se poursuit, mais ce sont principalement des emplois à temps partiel qui sont venus bonifier le marché du travail, tout comme le mois dernier. Le taux de chômage a reculé à 6,5 % et la croissance des salaires reste forte à 4 %. L’emploi dans le secteur privé a amené l’ajout de 52 200 travailleurs, ce qui laisse entrevoir que l’économie réussit encore à progresser, en dépit de l’influence négative des tarifs.
Décision de la Cour suprême sur les tarifs : toujours en attente
Le 5 novembre dernier, les juges de la Cour suprême des États-Unis ont entendu différents intervenants sur l’utilisation d’une loi de 1977 par l’administration américaine pour imposer des tarifs de façon arbitraire sur un grand nombre de pays à travers le monde. Les juges ont semblé sceptiques face aux arguments du gouvernement. Un jugement sera publié d’ici l’été prochain.
Une décision allant à l’encontre de l’administration américaine ne signifierait pas nécessairement l’abolition de tous les tarifs : elle exigerait cependant un processus légal différent pour les imposer, ce qui limiterait le pouvoir des autorités gouvernementales de tarifier selon leur bon plaisir.
SURVOL DES BOURSES MONDIALESTous les pourcentages affichés sont en devise canadienne. |
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Pays |
Indice |
Rendement* |
Évolution |
Rendement cumulatif |
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Canada |
S&P/TSX |
3,86 % |
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29,96 % |
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États-Unis |
S&P 500 |
-0,26 % |
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14,19 % |
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Nasdaq |
-1.95 % |
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17,98 % |
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Bourses internationales |
EAEO |
0,11 % |
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23,49 % |
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Pays émergents |
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-2,89 % |
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25,71 % |
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Chine |
MSCI Chine |
-2,99 % |
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28,74 % |
*Le rendement indiqué est le rendement total qui inclut le réinvestissement des revenus et des distributions de gains en capital.
Source : Morningstar Direct.
RENDEMENT DES OBLIGATIONS CANADIENNES |
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| Indice | Rendement du 1er janvier au 30 novembre 2025 |
| Obligations universelles FTSE Canada | 0,27 % |
Source : Morningstar Direct
Les données qui influencent les marchés

CANADA |
ÉTATS-UNIS |
Indicateur de récession: |
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Modéré |
Modéré |
Taux directeurs |
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2,25 % |
3,50 % – 3,75 % |
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Aucun changement n’a été annoncée le 10 décembre 2025. Les marchés n’anticipent pas d’autre baisse de taux d’ici la fin de l’année 2025, ni en 2026. Selon la BdC, la croissance du PIB devrait rester positive en 2026. |
La Réserve fédérale américaine a réduit ses taux directeurs le 10 décembre 2025. L’absence de données durant la période de paralysie budgétaire complique le travail de la Fed. L’incertitude concernant l’inflation et l’emploi perdure. Deux autres coupures de taux pourraient être adoptées en 2026, mais rien n’est assuré. |
Situation de l’emploi |
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Emplois créés : 53 600 Attentes : perte de 2500 |
Emplois créés : 64 000 Attentes : 45 000 |
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Croissance des salaires : 4,0 % Attentes : 4,0 % |
Croissance des salaires : 3,5 % Attentes : 3,4 % |
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Taux de chômage : 6,5 % Baisse : 0,4 % |
Taux de chômage : 4,6 % Augmentation : 0,1 % |
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La majorité des emplois créés sont à temps partiel.
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Inflation |
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Septembre : 2,2 % Variation : inchangé |
Septembre : 3,0 % Variation : 0,1 % |
Globalement, que nous disent les indicateurs économiques?
Taux directeurs (Canada, Europe et États-Unis) ![]()
- La Réserve fédérale américaine a abaissé ses taux, mais le compte rendu des discussions révèle une certaine réticence à de nouvelles coupures agressive. Le marché anticipe deux autres coupures en 2026. Au Canada, il n’y a aucune indication de multiples baisses dans la prochaine année.
- L’Europe est en pause et va réagir aux données économiques futures, L’inflation y est plus faible et les impacts des tarifs ne sont pas encore entièrement connus.
- La décision que doit rendre la Cour suprême américaine sur la validité des tarifs pourrait avoir un impact sur l’inflation, la croissance économique et les politiques monétaires un peu partout à travers la planète.
Indice global des directeurs d’achats ![]()
- Segment manufacturier : stable, près de la moitié des trente pays qui le composent affichent un indice supérieur à 50 (expansion).
- Segment des services: il continue de se maintenir et reste vigoureux.
Taux d’inflation ![]()
Sur une base globale: stable, il continue d’évoluer dans la bonne direction.

Facteurs à surveiller
- Réduction de la règlementation dans divers secteurs d’activités aux États-Unis: elle devrait permettre de maintenir la croissance économique et de favoriser l’investissement, mais devra être suivie par d’autres pays, comme le Canada, au risque d’une perte de compétitivité.
- Tensions commerciales: soutenues par l’utilisation de tarifs sans discrimination, elles pourraient causer un ralentissement économique et augmenter l’inflation. Cette situation se rapprocherait d’un épisode de stagflation, le scénario économique le plus négatif. La renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (AECUM) débutera en 2026.
- Scénarios inflationnistes: s’ils ont pour conséquence de conserver les taux d’intérêt sur les échéances de cinq à dix ans à des niveaux élevés, ils sont à éviter absolument puisqu’ils ralentiraient les investissements des entreprises et le rapatriement des chaînes de production aux États-Unis.
- Incertitude géopolitique: guerre Russie-Ukraine, conflits régionaux au Moyen-Orient, tensions entre les États-Unis et la Chine, annexion possible de Taiwan par le gouvernement chinois.
Vues tactiques fdp – Novembre 2025
- Nous avons maintenu la pondération des actions dans la stratégie de répartition tactique.
- Les économies ralentissent, mais sont toujours en croissance. Les profits des grandes entreprises américaines sont au rendez-vous, ce qui maintient les marchés boursiers en territoire positif.
- Aux États-Unis, nous avons conservé notre pondération en actions.
- Nous avons conservé notre positionnement en Europe et au Japon.
- Nous avons réduit les actions des pays émergents pour augmenter le poids des petites capitalisation américaines de qualité. La baisse des taux aux États-Unis, de nouvelles mesures de détentes quantitatives et une économie qui se maintient militent en faveur d’une position dans les petites capitalisations.
- Dans la composante revenu fixe, nous avons augmenté la pondération des obligations à haut rendement et augmenté celle des obligations étrangères. Nous avons réduit la position en obligations canadiennes. Nous détenons différents types de crédit à travers des obligations américaines ainsi que d’autres émises par les gouvernements des pays émergents.
Nous continuons de privilégier les titres dans les pays développés et la gestion des risques.
Pour savoir comment nos fonds se sont comportés :
Gestionnaire principal, répartition d’actifs et stratégies alternatives
Source des données : Bloomberg
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