Yann Furic
B.B.A., M. Sc., CFAMD
Gestionnaire principal, répartition d’actifs et stratégies alternatives
Le conflit avec l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz qui en résulte ont des impacts négatifs sur le prix du pétrole et de ses dérivés, sur la disponibilité des engrais ainsi que de nombreux autres produits transitant par cette voie maritime cruciale.
Le plus important partenaire commercial de l’Iran, la Chine, a ouvertement fait pression sur ce pays pour qu’il continue de négocier avec les États-Unis, principalement dans le but de permettre la reprise d’un commerce maritime sans restriction dans la région.
Pétrole en baisse bientôt?
En ce qui concerne le pétrole, les investisseurs croient que le passage d’Ormuz réouvrira plus tôt que tard. Cette anticipation se reflète dans les prix futurs, qui devraient se retrouver dans une fourchette de 75 $ US à 80 $ US le baril au cours des prochains mois, alors qu’en date du 13 mai, il se situait à 102,9 $ US.
Le graphique suivant montre l’évolution des prix du pétrole selon deux scénarios :
- La ligne pourpre correspond aux prix prévus à la fin de la journée des marchés du 7 mai, soit après le début du conflit.
- La ligne turquoise représente les prix attendus avant que le conflit ne commence.
- Le WTI représente le prix de référence du pétrole aux États-Unis.
Voici les raisons pour lesquelles les prix du pétrole restent élevés à long terme :
- Le redémarrage de certains puits de pétrole pourrait exiger du temps et limiter la reprise de l’offre.
- Certains puits de pétrole ont repris leur production, ce qui peut influencer l’offre.
- Certains pays achètent davantage de pétrole pour remplir leurs réserves, ce qui augmente la demande.
- Une prime « géopolitique » persiste, c’est-à-dire que les tensions internationales ajoutent une pression à la hausse sur les prix car les acteurs du marché anticipent des risques potentiels.
En résumé, même si le conflit a changé les perspectives, plusieurs facteurs font en sorte que le prix du pétrole demeure élevé, selon les prévisions.
Profits des entreprises en expansion
Pourtant, malgré l’incertitude engendrée par le conflit, les profits des entreprises sont toujours au rendez-vous.
Les indices boursiers réagissent aux profits par actions anticipés. À titre d’exemple, au cours des 25 dernières années, les profits des entreprises incluses dans l’indice S&P 500 ont augmenté de 625 % alors que l’indice lui-même s’est accru de 603 %.
Cela signifie que même si le contexte est difficile, la solidité des profits permet aux indices boursiers de rester dynamiques et de continuer leur progression. Les investisseurs continuent donc de miser sur la croissance future des entreprises.
Ce qui fait grimper les indices
Dans le cas de l’indice S&P, ce sont les grands groupes technologiques et le déploiement de l’intelligence artificielle qui amplifient significativement les profits des entreprises pour la totalité de l’indice. Ces entreprises technologiques ont aussi, depuis quelques années, un poids très important dans l’indice, et pas seulement dans l’indice américain, mais aussi dans l’indice mondial incluant les marchés émergents.
Parmi les vingt plus grandes capitalisations mondiales, 13 d’entre elles sont reliées à la technologie et l’intelligence artificielle, et le chiffre monte à 14 si on inclut Tesla.

Pour résumer la situation, l’anticipation des investisseurs concernant une résolution rapide du conflit, doublée d’une croissance soutenue des profits des entreprises, ont porté plusieurs indices boursiers à battre de nouveaux records.
Par contre, la confiance des consommateurs commence à être ébranlée et l’activité économique mondiale donne des signes de ralentissement.
Il devient de plus en plus évident qu’une fermeture complète du détroit d’Ormuz pour une période de plusieurs mois aurait des effets négatifs sur l’ensemble de l’économie globale et par ricochet, sur le profit des entreprises.
Pour vous, investisseurs
Les dernières semaines démontrent qu’il est complexe d’anticiper les fluctuations, alors que les périodes plus volatiles rappellent l’importance d’une gestion structurée et disciplinée.
Même si les médias publient de nombreuses nouvelles parfois alarmistes, l’essentiel est de demeurer fidèle à sa stratégie de placement.
Si vous avez des questionnements, n’hésitez pas à contacter votre conseillère ou conseiller pour discuter de votre situation.
Comportement des marchés financiers le mois dernier
SURVOL DES BOURSES MONDIALESTous les pourcentages affichés sont en devise canadienne. |
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Pays |
Indice |
Rendement* |
Évolution |
Rendement cumulatif* |
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Canada |
S&P/TSX |
3,81 % |
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7,90 % |
|
États-Unis |
S&P 500 |
7,77 % |
|
4,96 % |
|
|
Nasdaq |
12,47 % |
|
6,53 % |
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Bourses internationales |
EAEO |
4,80 % |
|
5,37 % |
|
Pays émergents |
|
11,88 % |
|
13,72 % |
|
Chine |
MSCI Chine |
1,08 % |
|
-6,29 % |
*Le rendement indiqué est le rendement total qui inclut le réinvestissement des revenus et des distributions de gains en capital.
Source : Morningstar Direct.
RENDEMENT DES OBLIGATIONS CANADIENNES |
|
| Indice | Rendement du 1er janvier au 31 mars 2026 |
| Obligations universelles FTSE Canada | 0,12 % |
Source : Morningstar Direct
Les données qui influencent les marchés
CANADA |
ÉTATS-UNIS |
Indicateur de récession: |
|
Modéré |
Modéré |
Taux directeurs |
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2,25 % |
3,50 % – 3,75 % |
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Aucun changement lors de l’annonce de la Banque du Canada le 29 avril 2026. Selon la BdC, la croissance du PIB devrait rester positive en 2026. |
La Réserve fédérale américaine a maintenu ses taux directeurs le 29 avril 2026. L’incertitude concernant l’inflation et l’emploi perdure et s’ajoute aux pressions inflationnistes provenant du conflit avec l’Iran. |
Situation de l’emploi |
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Emplois perdus: 17 700 Attentes : gain de 10 000 |
Emplois créés: 115 000 Attentes : création de 65 000 |
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Croissance des salaires : 4,8 % Attentes : 4,7 % |
Croissance des salaires : 3,6 % Attentes : 3,8 % |
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Taux de chômage : 6,9 % Attentes : 6,7 % |
Taux de chômage : 4,3 % Stable : aucun changement |
Inflation |
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Mars : 2,4 % Variation : 0,6 % |
Mars: 3,3 % Variation : 0,9 % |
Globalement, que nous disent les indicateurs économiques?
Taux directeurs (Canada, Europe et États-Unis) ![]()
- Réserve fédérale américaine : maintien des taux en avril et aucune coupure prévue en 2026, mais rien n’est assuré. Nomination d’un nouveau président qui devrait entrer en fonction dans les prochains mois.
- Banque du Canada : maintien des taux et vigilance concernant les conséquences du conflit en Iran. Une à deux hausses possibles au cours de la prochaine année.
- Banque centrale européenne : en pause et en attente des données économiques futures. Attentes de deux à trois hausses de taux cette année à cause du conflit en Iran et de son impact sur les prix de l’énergie.
Indice global des directeurs d’achats ![]()
- Segment manufacturier : positif, 24 des 30 pays qui le composent affichent un indice supérieur à 50 (expansion).
- Segment des services: il continue de se maintenir, mais a fortement faibli depuis le mois dernier.
Taux d’inflation ![]()
- Sur une base globale: apparition de craintes de remontée de l’inflation à cause du conflit avec l’Iran et des prix de l’énergie. Biais général : maintien des taux ou des hausses de taux.

Facteurs à surveiller
- Conflit avec l’Iran : les tensions qu’il crée sur une base mondiale et surtout la durée de la fermeture du détroit d’Ormuz vont avoir un impact sur les profits des entreprises. Plus le conflit s’éternise et plus ses répercussions seront importantes.
- Réduction de la règlementation dans divers secteurs d’activités aux États-Unis : elle devrait permettre de maintenir la croissance économique et de favoriser l’investissement. Elle devra être suivie par d’autres pays, comme le Canada, au risque d’une perte de compétitivité.
- Tensions commerciales : soutenue par l’utilisation de tarifs sans discrimination, elles pourraient causer un ralentissement économique et augmenter l’inflation. Cette situation s’apparente à un épisode de stagflation, le scénario économique le plus négatif. Le traité entre le Canada, le Mexique et les États-Unis (ACEUM) devra être renégocié en 2026.
- Scénarios inflationnistes : s’ils ont pour conséquence de conserver les taux d’intérêt sur les échéances de cinq à dix ans à des niveaux élevés, ils sont à éviter absolument puisqu’ils ralentiraient les investissements des entreprises et le rapatriement des chaînes de production aux États-Unis.
- Incertitude géopolitique : conflit entre les États-Unis et l’Iran, guerre Russie-Ukraine, conflits régionaux au Moyen-Orient, tensions entre les États-Unis et la Chine, annexion possible de Taiwan par le gouvernement chinois, retour de la doctrine Monroe aux États-Unis.
Vues tactiques fdp – Avril 2026
- Nous avons augmenté la pondération des actions dans la stratégie de répartition tactique. Nous avons augmenté toutes les géographies.
- Les économies sont toujours en croissance. Les profits des grandes entreprises sont globalement au rendez-vous, ce qui maintient les marchés boursiers en territoire positif.
- Dans la composante revenu fixe, nous avons réduit les obligations américaines et indicielles canadiennes pour lesquelles le rendement attendu et les écarts de crédit étaient trop faibles pour investir dans les marchés boursiers.
Nous continuons de privilégier les titres dans les pays développés et la gestion des risques.
Pour savoir comment nos fonds se sont comportés :
Gestionnaire principal, répartition d’actifs et stratégies alternatives
Source des données : Bloomberg
Les informations contenues aux présentes proviennent de sources que nous jugeons fiables; toutefois, nous n’offrons aucune garantie à l’égard de ces informations et elles pourraient s’avérer incomplètes. Les opinions exprimées sont basées sur notre analyse et interprétation de ces renseignements et ne devraient en aucun cas être considérés comme une recommandation. Pour toutes questions, n’hésitez pas à communiquer avec votre conseiller en gestion de patrimoine ou votre spécialiste en matière fiscale, comptable ou juridique.









