Durant la décennie des 60 à 70 ans, plusieurs décisions financières importantes se prennent souvent presque simultanément : le passage à la retraite, une aide financière aux proches ou encore la vente d’actifs importants. Cette période marque une transition majeure, parce que les priorités changent et correspondent généralement à une conciliation entre sécurité, liberté et qualité de vie. Comme certaines décisions peuvent avoir des effets à long terme sur le revenu disponible, l’impôt, la durée de vie du capital et la flexibilité financière, il est recommandé de les aborder avec une vue d’ensemble plutôt qu’une seule décision à la fois.
Voici des exemples d’erreurs financières fréquentes durant cette période cruciale :
Demander les prestations de retraite gouvernementales sans simulation préalable de leur impact
Par réflexe, par prudence ou par crainte de « laisser de l’argent sur la table », certaines personnes demandent la rente du Régime des rentes du Québec (RRQ) et/ou de la Sécurite de la vieillesse (SV) sans avoir pleinement évalué le moment le plus avantageux pour le faire. Une rente commencée avant 65 ans est réduite de façon permanente, ce qui peut représenter un manque à gagner important si la durée de vie du ou de la retraité(e) est étendue. À l’inverse, reporter la demande peut permettre d’augmenter le revenu garanti plus tard à la retraite, ce qui devient particulièrement pertinent lorsque l’espérance de vie est élevée, que les placements personnels peuvent combler les premières années, ou qu’il serait souhaitable de mieux se protéger contre le risque d’épuiser son épargne. La véritable erreur n’est donc pas nécessairement de demander les prestations tôt, mais de le faire sans comparer les scénarios et sans mesurer l’impact à long terme de chacun sur le revenu disponible, l’impôt et la marge de manœuvre financière.
Décaisser sans stratégie globale
Dans la continuité du choix du moment où demander les rentes gouvernementales, l’ordre dans lequel les différentes sources de revenus seront utilisées peut aussi avoir des retombées importantes. Décaisser trop rapidement un REER ou un FERR sans tenir compte du CELI, des placements non enregistrés et des incidences fiscales, peut entraîner une facture d’impôt plus élevée ou réduire la marge de manœuvre financière à long terme. Dans le cas des professionnels qui sont incorporés, il faut également intégrer dans cette planification les fonds détenus dans la société : quand faut-il retirer des dividendes et comment optimiser le tout pour conserver une certaine flexibilité?

L’enjeu n’est donc pas seulement de savoir combien retirer, mais aussi de déterminer dans quel ordre le faire afin d’optimiser le revenu disponible, l’impôt à payer et la pérennité du capital.
Sous-estimer la longévité ou surestimer le besoin de prudence
On peut parfois planifier sa retraite comme si elle devait durer de 10 à 15 ans, alors qu’elle pourrait s’étendre de 25 à 30 ans, ou même plus. Une personne de 65 ans peut vivre beaucoup plus longtemps que ce qu’elle anticipe, ce qui rend les décisions irréversibles encore plus importantes. À l’inverse, certains retraités disposent d’un patrimoine suffisant pour maintenir leur niveau de vie, mais limitent leurs dépenses par crainte de manquer d’argent. L’objectif est de trouver un équilibre entre profiter de son patrimoine aujourd’hui et préserver sa sécurité financière à long terme.
Aider ses enfants à acheter une propriété sans stratégie adaptée
Vouloir soutenir ses enfants dans l’achat d’une première propriété est un objectif fréquent et tout à fait légitime. L’erreur n’est pas de vouloir les aider, mais de le faire sans évaluer la meilleure façon de structurer cette aide. Don, prêt familial, avance sur héritage, cosignature, contribution à la mise de fonds ou accompagnement dans l’utilisation de certains régimes peuvent avoir des répercussions très différentes sur la fiscalité, la liquidité, l’équité entre les enfants et la sécurité financière des parents. Pour que l’aide soit réellement efficace, il faut comparer les options, clarifier les attentes et s’assurer que le geste s’intègre dans une stratégie globale, sans fragiliser le plan de retraite des parents.

Générer inutilement de l’impôt à la retraite
Certaines décisions, comme celle de retirer de fortes sommes d’un REER ou d’un FERR en une seule année, de vendre un actif important ou de verser des dividendes appréciables d’une société, peuvent faire grimper le revenu imposable et entraîner une récupération partielle ou totale de la pension de la Sécurité de la vieillesse (SV). Une planification proactive permet souvent de répartir les retraits sur plusieurs années et de réduire l’incidence fiscale globale.
Pour bien vivre chaque instant
Cette période qui s’étend de 60 à 70 ans est une étape charnière, parce qu’elle implique plusieurs décisions financières qui peuvent sembler ponctuelles, mais dont les effets seront ressentis durant de nombreuses années. C’est pourquoi il est essentiel de ne pas avancer seul, ni de prendre ses décisions au cas par cas. Être bien entouré et s’appuyer sur un plan financier clair, personnalisé et régulièrement mis à jour permet de comparer les scénarios, d’anticiper les impacts et de prendre des décisions cohérentes avec vos objectifs, votre réalité familiale et votre sécurité financière future.
Prenez le temps de discuter de votre plan financier et de vos options avec votre conseiller ou votre conseillère fdp : c’est le meilleur moyen de vous assurer de faire de bons choix financiers et d’optimiser vos décisions.






