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Yann Furic
B.B.A., M. Sc., CFAMD

Gestionnaire principal, répartition d’actifs et stratégies alternatives

 

À la suite des évènements survenus au Venezuela en début d’année 2026, de nombreux commentaires ont circulés sur l’impact d’une augmentation de la production du pétrole vénézuélien par rapport à celle du Canada.

Le pétrole vénézuélien : une menace pour le pétrole canadien?

Il faut d’abord reconnaître que tous les barils de pétrole ne s’équivalent pas, ni toutes les raffineries de pétrole. Il est aussi vrai que le pétrole canadien et celui du Vénézuéla sont des pétroles « lourds », mais ils ne sont pas nécessairement expédiés aux mêmes endroits.

  • Le pétrole canadien alimente des raffineries américaines optimisées pour ce type de pétrole, qui se situent principalement dans le Midwest américain et aussi dans la région du Golfe du Mexique (environ 10 % des raffineries), où serait aussi raffiné celui du Venezuela.
  • Les systèmes d’oléoducs en place ne sont pas conçus pour que ce pétrole lourd remonte vers le Midwest.
  • De plus, le faible prix du pétrole, l’instabilité politique au Vénézuela et la déroute des infrastructures pétrolières, qui exigeraient plus de 100 milliards de dollars d’investissement pour reprendre leur production, sont des freins à une augmentation significative du pétrole vénézuélien sur les marchés. Cette situation complexe réduit le risque pour le Canada.

D’ailleurs, lors d’une rencontre avec le président américain, le président de la pétrolière Exxon Mobil, Darren Woods, a laissé entendre que le Vénézuéla est actuellement un pays « où il est impossible d’investir ».

Taux directeurs canadiens et américains : prochaines rencontres le 28 janvier 2026

Le mercredi 10 décembre, la Banque du Canada (BdC) a pris la décision de laisser son taux cible inchangé à 2,25 %. Cette décision était anticipée par le marché, surtout depuis la publication des données du marché de l’emploi le vendredi 5 décembre, qui démontraient une création, et non une perte d’emplois. Les marchés anticipent une possible coupure de taux en décembre 2026.

Du côté américain, un nouveau président sera nommé à la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année. Les candidats présentement en lice partagent tous une vision de la politique monétaire qui s’exprimerait par une baisse des taux, malgré une inflation persistante. Il est à noter que les décisions de la Fed se prennent à la majorité des 12 personnes composant le FOMC (Federal Open Market Committee), qui se réunissent huit fois par année pour discuter de politique monétaire et statuer sur les taux directeurs. Les marchés, pour leur part, anticipent toujours deux autres coupures de taux en 2026.

Concernant justement la situation des taux directeurs, les banques centrales de l’Europe, du Japon ainsi que du Canada sont en pause, ou même réfléchissent à des hausses, surtout du côté du Japon. Si elles continuent de s’accentuer, ces divergences de politiques monétaires mondiales devraient avoir pour effet d’affaiblir le dollar américain.

L’une des surprises de 2025 a justement été la faiblesse du dollar américain, comparativement à l’euro surtout. Les pressions exercées par la présidence des États-Unis sur la Fed pour qu’elle abaisse ses taux directeurs, jumelées à l’imposition des tarifs douaniers, font en sorte que l’inflation reste au-delà des attentes, ce qui réduit la valeur de la devise US et de son pouvoir d’achat, en plus de faire monter le prix de l’or et, pour l’administration américaine, de rendre les exportations moins dispendieuses.

Rebond de l’emploi au Canada

La création de 8200 emplois en décembre a surpassé les attentes, alors qu’une perte de 2500 travailleurs était plutôt anticipée. La tendance positive confirmée en novembre s’est poursuivie, mais cette fois, ce sont principalement des emplois à temps plein qui sont venus bonifier le marché du travail, alors que la forte croissance de travailleurs en novembre s’expliquait plutôt par la création d’emplois à temps partiel. Comme la population active a augmenté, le taux de chômage a grimpé à 6,8 %, tandis que la croissance des salaires restait forte à 3,7 %.

Toujours en attente d’une décision de la Cour suprême sur les tarifs

Lors de l’audition du 5 novembre dernier sur la légalité des tarifs imposés par l’administration américaine à un grand nombre de pays, les juges de la Cour suprême des États-Unis ont semblé sceptiques face aux arguments du gouvernement. Un jugement sera publié d’ici l’été prochain, mais les marchés anticipent une décision beaucoup plus tôt, peut-être même en janvier.

Notons cependant que la réaction des marchés pourrait être plus faible que ce qui était anticipé il y a quelques mois. Les marchés réagissent à ce qui diffère du consensus. Présentement, les investisseurs s’attendent à ce que la décision empêche en partie ou en totalité l’utilisation de tarifs.

L’élément encore inconnu qui pourrait faire bouger les marchés : est-ce que la Cour exigera un remboursement des tarifs déjà perçus?

Une décision allant à l’encontre de l’administration américaine ne signifierait pas nécessairement l’abolition de tous les tarifs, mais plutôt l’utilisation d’un processus légal différent pour les imposer, ce qui limiterait le pouvoir des autorités gouvernementales de tarifier selon leur bon plaisir.

 

SURVOL DES BOURSES MONDIALES

Tous les pourcentages affichés sont en devise canadienne.

Pays

Indice

Rendement*
(du 1er au 31 décembre 2025)

Évolution

Rendement cumulatif
(depuis le 1er janvier 2025)

Canada

S&P/TSX

0,97 %

25,13 %

États-Unis

S&P 500

3,06 %

14,49 %

 

Nasdaq

5,46 %

20,32 %

Bourses internationales

EAEO

1,89 %

23,35 %

Pays émergents

 

4,91 %

29,44 %

Chine

MSCI Chine

-3,14 %

32,71 %

*Le rendement indiqué est le rendement total qui inclut le réinvestissement des revenus et des distributions de gains en capital.

Source : Morningstar Direct.

 

 

 RENDEMENT DES OBLIGATIONS CANADIENNES

Indice Rendement du 1er janvier au 31 décembre 2025
Obligations universelles FTSE Canada 0,69 %

Source : Morningstar Direct

 

Les données qui influencent les marchés

Entête avec image industrie pétrolière

CANADA

ÉTATS-UNIS

Indicateur de récession:

Modéré

Modéré

Taux directeurs

2,25 %

3,50 % – 3,75 %

Aucun changement lors de l’annonce du 10 décembre 2025.

Aucune coupure n’est également prévue lors de la rencontre du 28 janvier prochain.

Selon la BdC, la croissance du PIB devrait rester positive en 2026.

La Réserve fédérale américaine a réduit ses taux directeurs le 10 décembre 2025.

L’absence de données durant la période de paralysie budgétaire complique le travail de la Fed.

L’incertitude concernant l’inflation et l’emploi perdure.

Possibilité de deux autres coupures de taux en 2026, mais rien n’est assuré.

Situation de l’emploi

Emplois créés : 8200

Attentes : perte de 2500

Emplois créés : 50 000

Attentes : création de 55 000

Croissance des salaires : 3,7 %

Attentes : 4,0 %

Croissance des salaires : 3,8 %

Attentes : 3,6 %

Taux de chômage : 6,8 %

Hausse : 0,4 %

Taux de chômage : 4,4 %

Baisse : 0,1 %

La majorité des emplois créés sont à temps plein.

 

 

Inflation

Décembre: 2,4 %

Variation : 0,0 %

Décembre : 2,7 %

Variation : 0,0 %

 

Globalement, que nous disent les indicateurs économiques?

Taux directeurs (Canada, Europe et États-Unis) 

  • La Réserve fédérale a abaissé ses taux en décembre, mais le compte rendu de leurs discussions révèle une certaine réticence à les réduire de manière agressive. Le marché prévoit deux autres coupures en 2026. Au Canada, on n’escompte pas de multiples baisses au cours de la prochaine année.
  • L’Europe est en pause et va réagir aux données économiques futures, L’inflation est plus faible et l’impact réel des tarifs est encore à venir.
  • La décision de la Cour suprême américaine sur les tarifs pourrait avoir un impact sur l’inflation, la croissance économique et les politiques monétaires à travers la planète.

Indice global des directeurs d’achats

  • Segment manufacturier : stable, près de la moitié des trente pays qui le composent affichent un indice supérieur à 50 (expansion).
  • Segment des services: il continue de se maintenir et reste vigoureux.

Taux d’inflation

Sur une base globale: stable, il continue d’évoluer dans la bonne direction.

Panorama financier stratégie

Facteurs à surveiller

  • Réduction de la règlementation dans divers secteurs d’activités aux États-Unis: elle devrait permettre de maintenir la croissance économique et de favoriser l’investissement. Elle devra être suivie par d’autres pays, comme le Canada, au risque d’une perte de compétitivité.
  • Introduction de politiques populistes aux États-Unis : elles pourraient nuire aux efforts de dérèglementation. Le fait de limiter les taux d’intérêt sur les cartes de crédit, d’empêcher les investisseurs institutionnels de détenir des habitations et de permettre l’achat de produits hypothécaires par des entités gouvernementales pourrait créer des distorsions et réduire la croissance économique.
  • Tensions commerciales: soutenue par l’utilisation de tarifs sans discrimination, elles pourraient causer un ralentissement économique et augmenter l’inflation. Cette situation s’apparente à un épisode de stagflation, le scénario économique le plus négatif. Le traité entre le Canada, le Mexique et les États-Unis devra être renégocié en 2026.
  • Scénarios inflationnistes: s’ils ont pour conséquence de conserver les taux d’intérêt sur les échéances de cinq à dix ans à des niveaux élevés, ils sont à éviter absolument puisqu’ils ralentiraient les investissements des entreprises et le rapatriement des chaînes de production aux États-Unis.
  • Incertitude géopolitique: guerre Russie-Ukraine, conflits régionaux au Moyen-Orient, tensions entre les États-Unis et la Chine, annexion possible de Taiwan par le gouvernement chinois, le retour de la doctrine Monroe aux États-Unis.

 

Vues tactiques fdp – décembre 2025

  • Nous avons maintenu la pondération des actions dans la stratégie de répartition tactique.
  • Les économies ralentissent, mais sont toujours en croissance. Les profits des grandes entreprises américaines sont au rendez-vous, ce qui maintient les marchés boursiers en territoire positif.
  • Aux États-Unis, nous avons conservé notre pondération en actions.
  • Nous avons conservé notre positionnement en Europe et au Japon.
  • Nous avons réduit les actions des pays émergents pour augmenter le poids des petites capitalisation américaines de qualité. La baisse des taux aux États-Unis, de nouvelles mesures de détente quantitative et une économie qui se maintient militent en faveur d’une position dans les petites capitalisations.
  • Dans la composante revenu fixe, nous avons augmenté la pondération des obligations à haut rendement et celle des obligations étrangères. Nous avons réduit la position en obligations canadiennes. Nous détenons différents types de crédit à travers des obligations américaines ainsi que d’autres émises par les gouvernements des pays émergents.

Nous continuons de privilégier les titres dans les pays développés et la gestion des risques.

Pour savoir comment nos fonds se sont comportés :

Voir nos rendements

 

Yann Furic, B.B.A., M. Sc., CFA
Gestionnaire principal, répartition d’actifs et stratégies alternatives

Source des données : Bloomberg

Les informations contenues aux présentes proviennent de sources que nous jugeons fiables; toutefois, nous n’offrons aucune garantie à l’égard de ces informations et elles pourraient s’avérer incomplètes. Les opinions exprimées sont basées sur notre analyse et interprétation de ces renseignements et ne devraient en aucun cas être considérés comme une recommandation. Pour toutes questions, n’hésitez pas à communiquer avec votre conseiller en gestion de patrimoine ou votre spécialiste en matière fiscale, comptable ou juridique.

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